photographies par
Stéphane Lavoué
textes et son par Catherine Le Gall
 
L'ÉQUIPAGE
photographies parStéphane Lavoué
textes et son parCatherine Le Gall


Catherine est originaire d’un bout de terre, le pays bigouden, situé à la pointe Sud du Finistère. Toute son enfance a été bercée par les histoires de ses grands parents qui lui racontaient le quotidien d’une vie rythmée par la pêche : ces marins qui gobaient un jaune d’œuf à quatre heures du matin avant d’aller en mer ; ces femmes sous la criée qui, les mains dans la glace, triaient les poissons à l’arrivée des bateaux ; ou ces matelots qui se noyaient au large et dont on entendait les cris depuis la côte.

Aujourd’hui, la pêche disparaît lentement et la crise embrume l’avenir. Que reste-il de ces histoires ? Pour le savoir, Catherine et Stéphane sont partis, en 2012, à la rencontre des gens du « coin » pour questionner leur identité, leur rapport au pays et leur métier. Le résultat de ce travail, « l’Equipage » est le portrait sonore (portraits photo accompagnés d’entretiens sonores) de la commune de Penmarc’h, une partie du pays bigouden.

Pour la France Vue d’Ici, Stéphane et Catherine désirent poursuivre leur travail dans la commune du Guilvinec (limitrophe de Penmarch), premier port français de pêche artisanale où plus de 500 marins débarquent 20 000 tonnes de poissons par an. Chaque jour est une lutte contre les éléments, la réglementation européenne, un modèle économique en déclin et un métier en voie de disparition. Que signifie être pêcheur bigouden en 2014? Comment fait- on face à la concurrence des gros armateurs, la hausse du prix du gazole et à l’épuisement des ressources ? Pour répondre à cette question, ils continueront leur plongée dans le pays bigouden pour raconter ces hommes et femmes qui affrontent, sans plier, le gros temps.

Peut-être croiseront-ils le marin en colère qui, en 2007, avait défié Nicolas Sarkozy devant les caméras de tout le pays. Le ton était monté entre les deux hommes, provoquant le buzz. Dix ans plus tard, qu’est-il devenu ? Est-il toujours sur la brèche ou bien a-t-il réussi à maintenir le cap, malgré tout ?

Ce portrait est issu de notre première série « L’Equipage » réalisée en 2012 à Kérity Penmarc’h. Voici Olivier, dont le portrait a été réalisé lors d’une séance au bar « Le Nautilus » sur le port de Kérity.



« Mon boulot, c’est technico-commercial dans le matériel de pêche, en hydraulique. C’est très dur car quand on a des pertes de bateaux, on est toujours à se demander si on n’est pas un peu responsable. Ca travaille... On a toujours un doute. C’est un métier très dur et un milieu très dur. C’est la mer, c’est Penmarc’h, c’est le bout du monde. »



Ce portrait est issu de notre première série « L’Equipage » réalisée en 2012 à Kérity Penmarc’h. Voici Olivier, dont le portrait a été réalisé lors d’une séance au bar « Le Nautilus » sur le port de Kérity.


« Mon boulot, c’est technico-commercial dans le matériel de pêche, en hydraulique. C’est très dur car quand on a des pertes de bateaux, on est toujours à se demander si on n’est pas un peu responsable. Ca travaille... On a toujours un doute. C’est un métier très dur et un milieu très dur. C’est la mer, c’est Penmarc’h, c’est le bout du monde. »

Ce portrait est également issu de notre première série « L’Equipage » réalisée en 2012 à Kérity Penmarc’h.
Voici Serge, originaire de Penmarc'h où il a passé toute son enfance. Il est revenu y habiter après avoir passé de nombreuses années en région parisienne.



« La première chose que je fais quand j'arrive d'un séjour à Paris, je dépose ma valise et je vais au port. Je vais voir la mer. Le bruit de la mer et le bruit du vent j'adore ça. Quand elle gronde et qu'il y a une tempête. Quand je suis dans mon lit et que je l'entends gronder. Quand j'étais petit c'était pareil. »



Ce portrait est également issu de notre première série
« L’Equipage » réalisée en 2012 à Kérity Penmarc’h.
Voici Serge, originaire de Penmarc'h où il a passé toute son enfance. Il est revenu y habiter après avoir passé de nombreuses années en région parisienne.


« La première chose que je fais quand j'arrive d'un séjour à Paris, je dépose ma valise et je vais au port. Je vais voir la mer. Le bruit de la mer et le bruit du vent j'adore ça. Quand elle gronde et qu'il y a une tempête. Quand je suis dans mon lit et que je l'entends gronder. Quand j'étais petit c'était pareil. »

Voici Jennifer, qui se définit comme une pure bigoudène: elle est née « dans le coin » comme ses arrière-grands parents, ses grand-parents et ses parents. Elle y vit aujourd'hui, avec des hauts et des bas.



« L'hiver ici, c'est glauque. C'est glauque. Quand le soleil se couche super tôt, qu'il fait nuit, qu'il caille, qu'il pleut, qu'il y a du vent. De l'intérieur c'est super chouette ou une balade en bagnole c'est sympa mais sinon... Il faudrait que l'été dure 10 mois et l'hiver 2 mois... »



Voici Jennifer, qui se définit comme une pure bigoudène: elle est née « dans le coin » comme ses arrière-grands parents, ses grand-parents et ses parents. Elle y vit aujourd'hui, avec des hauts et des bas.


« L'hiver ici, c'est glauque. C'est glauque. Quand le soleil se couche super tôt, qu'il fait nuit, qu'il caille, qu'il pleut, qu'il y a du vent. De l'intérieur c'est super chouette ou une ballade en bagnole c'est sympa mais sinon... Il faudrait que l'été dure 10 mois et l'hiver 2 mois... »

Bastien est un ancien marin. Il nous raconte ses souvenirs de la pêche au thon, avec nostalgie et poésie.



« C'était un beau métier, le thon à la ligne. Il y avait plein de choses sur l'eau. Des bancs de crevettes, des poissons qui sautaient, des tortues. Le thon était friand de crevettes : quand on en voyait, on se disait c'est bon, il y a du poisson par là »



Bastien est un ancien marin. Il nous raconte ses souvenirs de la pêche au thon, avec nostalgie et poésie.


« C'était un beau métier, le thon à la ligne. Il y avait plein de choses sur l'eau. Des bancs de crevettes, des poissons qui sautaient, des tortues. Le thon était friand de crevettes : quand on en voyait, on se disait c'est bon, il y a du poisson par là »

Béatrice est une ancienne parisienne qui est venue habiter à Penmarc'h, avec son mari Hervé, au pied du phare d'Eckmhul. Cela fait maintenant plus de huit ans et, depuis, leur fille est venue les rejoindre en pays bigouden...



« Nous, gens de la ville, on n'est pas du tout rejetés par les gens d'ici. C'est vrai qu'ils disent "vous n'êtes pas chez vous". Mais je m'en fiche. A Paris, c'est différent, personne ne dit "je suis chez moi" même si on y est né et qu'on y a toujours vécu »


Béatrice est une ancienne parisienne qui est venue habiter à Penmarc'h, avec son mari Hervé, au pied du phare d'Eckmhul. Cela fait maintenant plus de huit ans et, depuis, leur fille est venue les rejoindre en pays bigouden...


« Nous, gens de la ville, on n'est pas du tout rejetés par les gens d'ici. C'est vrai qu'ils disent "vous n'êtes pas chez vous". Mais je m'en fiche. A Paris, c'est différent, personne ne dit "je suis chez moi" même si on y est né et qu'on y a toujours vécu »

Guy, un quimpérois qui est venu habiter au pays bigouden. Quimper est à 30 kilomètres de Penmarc'h mais le choc culturel a été rude! Surtout qu'il a vite été soupçonné de vouloir séduire les jeunes et jolies bigoudènes...



« Moi, je suis quimpérois. Pas trop bien vu à l'époque dans le quartier, parce qu'on venait voler les fiancées bigoudènes. C'était tout un cirque. Pour s'habituer au coin, la mentalité et tout ça, en tant que quimpérois, il m'a fallu cinq bonnes années quand même. »


Guy, un quimpérois qui est venu habiter au pays bigouden. Quimper est à 30 kilomètres de Penmarc'h mais le choc culturel a été rude! Surtout qu'il a vite été soupçonné de vouloir séduire les jeunes et jolies bigoudènes...


« Moi, je suis quimpérois. Pas trop bien vu à l'époque dans le quartier, parce qu'on venait voler les fiancées bigoudènes. C'était tout un cirque.
Pour s'habituer au coin, la mentalité et tout ça, en tant que quimpérois, il m'a fallu cinq bonnes années quand même. »

Laetitia est arrivée à Penmarc'h un peu par hasard. Pendant plusieurs années, elle a été serveuse au "Nautilus", sur le port de Kérity, bar où la plupart des photos de la série on été prises. Elle raconte son quotidien derrière le comptoir...



« Etre tous les jours devant la mer, ça ne lasse pas du tout. Avec la lumière, le vent, la surface de l'eau, les marées, c'est un décor qui change en permanence. La surface devient argentée puis, par moment, c'est féérique puis ça redevient glauque puis de nouveau gris, c'est magique. »


Laetitia est arrivée à Penmarc'h un peu par hasard. Pendant plusieurs années, elle a été serveuse au "Nautilus", sur le port de Kérity, bar où la plupart des photos de la série on été prises. Elle raconte son quotidien derrière le comptoir...


« Etre tous les jours devant la mer, ça ne lasse pas du tout. Avec la lumière, le vent, la surface de l'eau, les marées, c'est un décor qui change en permanence. La surface devient argentée puis, par moment, c'est féérique puis ça redevient glauque puis de nouveau gris, c'est magique. »

Jacques ne se définit pas comme "bigouden", expression qu'il trouve trop générique mais "de Saint Guénolé". En fait, Penmarc'h, est constitué de trois villages: Kérity, Saint-Pierre et Saint Guénolé. Jacques raconte les rivalités qui existaient entre chaque village mais aussi pourquoi il n'est pas devenu marin.



« Dès que j'ai su marcher, j'allais à la grève. Prendre un canot, aller godiller, aller pêcher à la ligne des anguilles, des gobies, tout. C'était ça le dada. Dès tout petit, il n'y avait que ça: la mer, la mer, la mer. »


Jacques ne se définit pas comme "bigouden", expression qu'il trouve trop générique mais "de Saint Guénolé". En fait, Penmarc'h, est constitué de trois villages: Kérity, Saint-Pierre et Saint Guénolé. Jacques raconte les rivalités qui existaient entre chaque village mais aussi pourquoi il n'est pas devenu marin.


« Dès que j'ai su marcher, j'allais à la grève. Prendre un canot, aller godiller, aller pêcher à la ligne des anguilles, des gobies, tout. C'était ça le dada. Dès tout petit, il n'y avait que ça: la mer, la mer, la mer. »

Michel habite à Saint Pierre depuis toujours. Il nous raconte l’esprit d’autrefois, les bagarres entre les enfants des différents quartiers et, surtout, sa passion pour le sport local bigouden, la galoche…



« Il y avait toujours des guerres de quartiers, Saint Gué, Saint Pierre. Notre quartier général c’était la frontière, fallait pas que les gars de Kérity dépassent la frontière… Des fois, on organisait des expéditions, on allait les narguer. Il y avait souvent des heurts ! C’était pas méchant méchant mais bon… on s’occupait comme ça. On était jeunes à l’époque…»


Michel habite à Saint Pierre depuis toujours. Il nous raconte l’esprit d’autrefois, les bagarres entre les enfants des différents quartiers et, surtout, sa passion pour le sport local bigouden, la galoche…


« Il y avait toujours des guerres de quartiers, Saint Gué, Saint Pierre. Notre quartier général c’était la frontière, fallait pas que les gars de Kérity dépassent la frontière… Des fois, on organisait des expéditions, on allait les narguer. Il y avait souvent des heurts ! C’était pas méchant méchant mais bon… on s’occupait comme ça. On était jeunes à l’époque…»

Séverine, originaire du Nord de la France, est arrivée enfant au pays bigouden. Puis, elle a bourlingué un peu partout avant de revenir à Penmarc’h, poser ses valises. Elle nous raconte son retour aux sources et sa vision du « coin »…



« Ici, c’est un vrai far west, il y a encore quelque chose de l’ordre de la conquête. Les marins sont comme les derniers cow-boys. Comme dans les westerns, quand on est à bord, peu importe la loi des hommes et la loi de la terre, c’est la loi du bateau.»


Séverine, originaire du Nord de la France, est arrivée enfant au pays bigouden. Puis, elle a bourlingué un peu partout avant de revenir à Penmarc’h, poser ses valises. Elle nous raconte son retour aux sources et sa vision du « coin »…


« Ici, c’est un vrai far west, il y a encore quelque chose de l’ordre de la conquête. Les marins sont comme les derniers cow-boys. Comme dans les westerns, quand on est à bord, peu importe la loi des hommes et la loi de la terre, c’est la loi du bateau.»

Jean-Jacques a toujours été marin : il a d’abord été patron pêcheur, puis, après avoir mis son bateau à la casse, il a embarqué sur les sardiniers à Saint-Guénolé. Pour lui, marin, c’est un métier de « fou » :



« On a tous été des fous pour aller en mer. Avec le recul, on me dirait de refaire ce que j’ai fait, je ne le ferai pas. Certains ont pris des risques énormes pour récupérer du matériel, surtout qu’une vie vaut plus que du matériel. Dans toutes les familles ici, il y a eu un disparu ou un blessé en mer. Il n’y a pas une seule famille qui y échappe.»


Jean-Jacques a toujours été marin : il a d’abord été patron pêcheur, puis, après avoir mis son bateau à la casse, il a embarqué sur les sardiniers à Saint-Guénolé. Pour lui, marin, c’est un métier de « fou » :


« On a tous été des fous pour aller en mer. Avec le recul, on me dirait de refaire ce que j’ai fait, je ne le ferai pas. Certains ont pris des risques énormes pour récupérer du matériel, surtout qu’une vie vaut plus que du matériel. Dans toutes les familles ici, il y a eu un disparu ou un blessé en mer. Il n’y a pas une seule famille qui y échappe.»

Jean-Paul vient de loin, il est originaire…. d’Orléans. Il est venu à Penmarc’h pour les vacances, il s’y est plus alors il est resté. Féru de l’histoire du « coin », il se revendique plus « bigouden » que les « bigoudens »…



« Vous qui êtes nés là, pour vous, c’est le top. Mais pour moi qui ne suis pas né là, c’est le top du top. C’est pour ça que je regarde les choses différemment. C’est pour cela que je m’intéresse à l’histoire de Penmarc’h, on ne peut pas rester insensible au pays où on vit, il faut s’intégrer.»


Jean-Paul vient de loin, il est originaire…. d’Orléans. Il est venu à Penmarc’h pour les vacances, il s’y est plus alors il est resté. Féru de l’histoire du « coin », il se revendique plus « bigouden » que les « bigoudens »…


« Vous qui êtes nés là, pour vous, c’est le top. Mais pour moi qui ne suis pas né là, c’est le top du top. C’est pour ça que je regarde les choses différemment. C’est pour cela que je m’intéresse à l’histoire de Penmarc’h, on ne peut pas rester insensible au pays où on vit, il faut s’intégrer.»

  © Stéphane Lavoué / Catherine Le Gall / La France VUE D'ICI


 
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