REPORTAGES

GARE ST-LAZARE
photographies et texte par Frédéric Stucin


Parmi toutes les gares parisiennes, Saint-Lazare, deuxième d’Europe, est une des portes d’entrée et de sortie les plus importantes de la ville. Elle accueille 450 000 voyageurs par jour. Pour se donner une idée, c’est comme si la ville de Lyon (troisième ville de France), débarquait chaque jour sur les quais.

Ces dernières années, l’espace s’est considérablement transformé, après de longs travaux et l’installation d’un véritable centre commercial. Au bout des lignes grises et parallèles des voies, verrières lumineuses, planchers en verre poli ou bois clair, chaînes de magasins et cafés à la mode, entrelacs d’escalators. Maillon fort au cœur du projet d’aménagement du Grand Paris, la gare Saint-Lazare a encore vocation à changer de fonctions et d’apparence. En 2024, le prolongement de la ligne 14 devrait la relier, via la ligne 18 du Grand Paris Express, à l’aéroport d’Orly. Et la prolongation du RER E jusqu’à Mantes-la-Jolie (où circulera un train toutes les 108 secondes) va encore densifier le transit.

Qui sont-ils, ces hommes et femmes de passage ? Que peut-on lire de leur voyage dans leurs silhouettes, leurs visages ? Des travailleurs fuyant les loyers prohibitifs de Paris ? Cadres, ouvriers, étudiants, familles, touristes ? Les yeux perdus dans les tableaux d’affichage, la tête penchée sur leur smartphone ? Profitant d’une correspondance pour flâner, se donnant rendez-vous , ou bien marchant droit, tête haute ou baissée, jusqu’à s’engouffrer dans la bouche du métro ? Identiques le matin, l’après-midi, le soir ?

Je propose d’étudier les mouvements de foule, d’observer où vont les gens, surtout comment. Tenter de donner un visage à ces flux anonymes et compacts, en isolant les personnes. Un peu à la manière de William Klein, quand il filme les départs en vacances en 1963 gare de Lyon, la frénésie, l’agitation. Ou du travail de Garry Winogrand sur les aéroports américains dans les années 1960-70. Il s’agit de photographies noir et blanc, « instants volés » destinés à dessiner, je l’espère, un portrait singulier des transports en commun.
 
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tous droits réservés © Frédéric Stucin / LA FRANCE VUE D'ICI