textes & photographies par

Patrice Terraz
 
LES DOCKERS DE L'EXTRÊME
textes & photographies parPatrice Terraz

Ils sont une douzaine d’hommes à charger et décharger les navires dans le port de Porto-Vecchio, situé au coeur de la région qui va de Solenzara à Bonifacio, nommée l’extrême sud de la Corse. Ce sont les dockers les plus au sud de la métropole.

Les familles de Porto-Vecchio se partagent le travail portuaire de génération en génération. Nous rencontrerons sur les quais un père et son fils, deux frères et des personnages qui, comme les a décrit René Goscinny en 1973 : « …alliant l’exubérance à la maîtrise de soi, nonchalants, hospitaliers, loyaux, fidèles en amitié, attachés à leur pays natal, éloquents, courageux, et aussi, plus que tout cela, susceptibles. »

Mais l’on n’arrive pas à Porto-Vecchio par hasard. Comme souvent, le chemin qui y mène a autant d’intérêt que le but du voyage. Trois fois par semaine, le Jean Nicoli, cargo mixte affrété par la nouvelle compagnie Corsica Linea, quitte le port de Marseille pour filer droit vers les bouches de Bonifacio, spectaculaire détroit entre la Corse et la Sardaigne, puis accoste à Porto-Vecchio 14 heures plus tard. Une traversée qui laisse le temps de s’intéresser au travail de l’équipage. À bord une soixantaine de marins s’affairent entre l’accueil des passagers et le bon déroulement de la traversée. Car c’est la particularité de ce type de navire, allier le transport de commerce et de passagers. Ce reportage abordera le transport maritime en se penchant sur deux microcosmes différents et pourtant liés corps et âmes : l’équipage du cargo mixte Jean Nicoli, et les dockers du port de Porto-Vecchio qui prennent en charge le navire lors de son escale.

J’ai la chance de bien connaître Don François Battesti, directeur de la SAPV, Société d’Acconage Porto-Vecchiaise qui emploie ces hommes indispensables au bon fonctionnement du transport maritime. En 2017 cette petite société fêtera ses 50 ans d’existence. Mais combien de temps vivra-t-elle encore, car la rentabilité de ce petit port de commerce est souvent remise en question. Un jour l’itinéraire maritime des navires sera dévié vers les ports plus importants de Bastia ou d’Ajaccio et les dockers de l’extrême, comme la route qui nous y mène, n’existeront plus.

LOCALISATION

 

LOCALISATION

RETOUR À MARSEILLE02.01.2017
Octobre 2016, retour de Porto-Vecchio à bord du Paglia Orba.


Le Paglia Orba attend d’être largué.



Le navire est chargé et les quais du port de commerce sont déserts.



Toujours plongé dans l’obscurité, le navire s’éloigne de Porto-Vecchio.







Pendant que le personnel s’affaire dans les cuisines…



…les passagers des cabines se préparent pour la nuit.



À l’approche de Marseille, nous frôlons le château d’If plongé dans le noir.



Au lever du jour, l’arrivée sur Marseille est spectaculaire.



La réponse à ceux qui demandent pourquoi on ne prend pas l’avion pour aller en Corse.



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PORTO VECCHIO06.12.2016
Octobre 2016, deuxième visite à la Société d’Acconage Porto-Vecchiaise. Le terme d’acconage est utilisé en Méditerranée pour regrouper toutes les opérations de manutention portuaire.


Julien, Thomas, Sébastien et Tony amarrent le Paglia Orba à notre arrivée.



Le navire a été repeint vite fait cet été et doit retourner en cale sèche pendant l’hiver pour se refaire une vraie beauté.



Julien, Sébastien et Tony sur le Duc d’Albe.



Après avoir amarré le navire, ils entrent dans le garage pour commencer le déchargement.



Décharger les voitures neuves qui sont livrées en Corse fait aussi partie du travail des dockers.



Christian accroche une remorque au volant de son tracteur.



Le ballet incessant du déchargement / chargement s’opère au rythme d’une vingtaine de remorques à l’heure.



Les sangles sont accrochées au sol dans les pattes d’éléphant.



Jean-André à la fin du chargement.



Une forte pression politique essaie d’éradiquer les navires de commerce de Porto-Vecchio afin de pouvoir développer le port de plaisance et accueillir plus de yachts et leur clientèle de luxe.



L’accostage d’un navire mobilise 7 à 8 personnes pour les opérations de lamanage.



Anthony (au centre) est le fils de Stéphane (à droite). Il vient d’intégrer provisoirement la société. Comme son père il aimerait bien être embauché définitivement.





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LE PAGLIA ORBA23.11.2016
Octobre 2016, deuxième séjour à Porto-Vecchio pour retrouver les dockers de l’extrême sud de la Corse. Le voyage se fait à bord du Paglia Orba, navire pas très frais, datant de 1994.


Embarquement à Marseille sur le Paglia Orba



Sur le pont du Paglia Orba. L’occasion de découvrir le nouveau visage de Marseille avec la future tour de Jean Nouvel en construction à La Joliette.



Le navire passe au large du Frioul.



En période de vacances scolaires, pas mal de jeunes arpentent le pont.



Costa Croisières a survécu. On en voit toujours en Méditerranée.



Un groupe de jeunes profite des conditions météo exceptionnelles en cette fin octobre.



Très peu d’éclairage sur les coursives du navire. Parfait pour observer les étoiles.



Le bateau est un des rares moyens de transport où l’on peut encore dormir n’importe



Préparation des manœuvres d’accostage à l’arrivée dans la baie de Porto–Vecchio.



Débarquement des passagers.


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LE JEAN NICOLI #315.11.2016
Juin 2016, après un premier séjour avec les dockers de Porto-Vecchio, retour à Marseille à bord du Jean Nicoli.



Avant de quitter le port de Porto-Vecchio , l’équipage du  Jean Nicoli  fait un exercice de sécurité.



Comme Nicolas, la plupart des marins à bord du navire sont Corses, et ça se voit…



Malal Cissé me conduit à la passerelle. Les uniformes des marins sont encore à l’effigie de l’ancienne compagnie, la SNCM.



Sur la passerelle on se prépare à l’appareillage.



Loris veille à la passerelle.



Jean-François, le commandant du Jean Nicoli.



Jean David dans la salle des machines.



Dans les Bouches de Bonifacio, en regardant vers la Corse.



Dernières lueurs du jour à bord du Jean Nicoli.



Lever de soleil à bord du Jean Nicoli.



À l’arrivée sur Marseille, Loris prépare les amarres.



Pendant les manœuvres d’accostage.



Pendant les manœuvres d’accostage.


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LE JEAN NICOLI #205.09.2016



Au rythme des chauffeurs, le chargement a commencé.



Jean-Martin, Marc et Julien, lors du travail d’accorage des remorques.



Jean-Martin attend que la remorque soit posée sur le chevalet pour serrer la sangle.



Marc au travail.



Jean-Martin au travail.



Thomas et Jean-André au travail



La manivelle à cliquet, outil indispensable du docker.



La famille Tafani, dockers de père en fils. De gauche à droite : Thomas, Christian, Sébastien et Jacques-Michel. Christian et Jacques-Michel sont frères. Thomas et Sébastien sont les fils de Jacques-Michel.



Lorsque j’ai voulu photographier Jean-André Maïsetti (à gauche) avec son père Marc (à droite), Jean-Martin s’est immiscé entre les deux.



De temps en temps, en route pour la Sardaigne, un navire de Corsica Ferries fait une courte escale. Rien à décharger, juste une opération de lamanage.



Jean-André et Tony viennent de larguer les amarres du navire.



La journée est terminée, Julien chahute avec le capitaine de port.


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LE JEAN NICOLI #129.08.2016
Le Jean Nicoli, navire de la Compagnie Corsica Linea accoste dans le port de Porto-Vecchio. Le travail des dockers de la Société d’Acconage Porto-vecchiaise peut commencer.



Thomas et Sébastien sur le môle à l’arrivée du navire. Ils sont frères et leur père, travaille aussi avec eux.



Thomas et Sébastien s’apprêtent à amarrer le Jean Nicoli.



Julien vient d’attraper la touline raccordée à l’amarre, (ou aussière.)



Les opérations de lamanage (attacher et larguer les amarres) font partie du travail de la société d’acconage.



Jacques-Michel est le père de Thomas et Sébastien. Il est chauffeur et attend que les remorques des camions soient détachées pour les sortir du navire avec son tracteur portuaire.



Les remorques des camions étaient solidement accorées pour la traversée.



Jean-André, Thomas et Marc libèrent les remorquent des camions de leurs sangles.



Mone Duong lève le chevalet sur lequel était posée la remorque.



Une fois les cales vidées, le chargement va pouvoir commencer.



Les remorques sont entreposées sur le quai.



Noël, le pointeur au navire, note scrupuleusement toutes les remorques qui sont arrivées et celles qui doivent être chargées à bord.


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LE PERSEVERO02.08.2016
3 fois par semaine, le remorqueur « Persevero » lève l’ancre à l’aube afin d’aider le navire « Jean Nicoli » à manoeuvrer dans le golfe de Porto‐Vecchio et le mettre à quai.

Sous le commandement de Tony, trois membres d’équipage sortis du lycée professionnel maritime de Bastia effectuent la manoeuvre et veillent au bon fonctionnement du remorqueur.
En attendant le travail des dockers, petite séquence d’accostage.



6 h du matin, le remorqueur « Persevero » lève l’ancre dans le golfe de Porto‐ Vecchio et va à la rencontre du navire « Jean Nicoli » en provenance de Marseille.



Cyril prépare la remorque qui va servir à tirer le navire.



Tony, le commandant du Persevero, se dirige vers le Jean Nicoli à l’entrée du golfe de Porto‐Vecchio.



Vincent sur le pont du Persevero, alors que le Jean Nicoli est en vue.



Le Persevero s’approche du navire afin de pouvoir l’accrocher.



Vincent donne le signal aux marins du Jean Nicoli pour envoyer la touline.

Mathieu raccorde la touline à la remorque du Persevero.


Sous le regard de Cyril, le remorqueur aide le Jean Nicoli à manoeuvrer.


Mathieu raccorde la touline à la remorque du Persevero.
Sous le regard de Cyril, le remorqueur aide le Jean Nicoli à manoeuvrer.




Avec ses 201 m de longueur, le Jean Nicoli est trop long pour manoeuvrer dans le port de Porto‐Vecchio Il est obligé d’accoster en marche arrière.



Le Persevero passera tout l’été à Porto Vecchio, et retournera à Ajaccio son port d’attache, lorsque le jean Nicoli ne viendra plus à Porto‐Vecchio.



Mathieu a fait le lycée professionnel maritime à Bastia. La prochaine manoeuvre aura lieu dans 2 jours.



Vincent aussi sort du lycée professionnel maritime de Bastia. Malgré le poids des responsabilités, le travail à bord du Persevero a des allures de job le plus cool du monde.


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EXTRÊME SUD04.07.2016
En route pour aller photographier les dockers de Porto Vecchio, les plus au sud de la métropole. Quelques images faites à bord pendant la traversée.



Départ pour Porto Vecchio à bord du Jean Nicoli, la coque fraichement repeinte aux couleurs de la nouvelle compagnie Corsica Linea. Marseille le 15 juin 2016.



Le temps est gris et le bateau désert, je tombe sur un mec qui ne sait pas faire de selfie.



Le commandant du Jean Nicoli, sur la passerelle lorsque nous passons au large de Marseille, derrière le Frioul.

Sorti d’un chantier naval norvégien en 1998, le jean Nicoli est un navire au charme ancien.


L’intérieur du Jean Nicoli rappelle un vieux navire de croisière scandinave.


Sorti d’un chantier naval norvégien en 1998, le jean Nicoli est un navire au charme ancien.
L’intérieur du Jean Nicoli rappelle un vieux navire de croisière scandinave.



À peine la nuit tombée le peu de passagers ont déserté le pont et le navire prend des allures de bateau fantôme.



16 juin 2016, 5h30 du matin le navire passe dans les bouches de Bonifacio.


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